Naissance du village

Vers 180 avant J.-C., un groupe humain étoffé s'installe sur le plateau calcaire dominant d'une quarantaine de mètres un méandre de l'Aisne, sur la rive gauche. Les critères économiques, contrôle de la voie naturelle de communication, vastes herbages en vallée et terres légères agricoles du plateau, expliquent grandement ce choix. Les camps militaires établis au Second Empire (Sissonne, Aisne, Mourmelon et Suippes, Marne) donnent certainement une bonne image du paysage au IIème siècle avant J.-C. : une couverture forestière peu dense et de vastes étendues herbeuses ponctuées de bosquets d'épineux, le « savart » champenois.

Les arrivants n'ont pas été sans remarquer sur la première terrasse du plateau les vastes tertres funéraires, certains circulaires et d'autres allongés, de l'âge du Bronze final. Sur le plateau même un tumulus entouré d'un fossé circulaire d'une vingtaine de mètres de diamètre était encore remarquable par son élévation. Son caractère ostentatoire est évident puisqu'il était visible à des kilomètres de distance du Nord à l'Est. Ce tertre va jouer un rôle essentiel puisqu'il sera assimilé à une tombe de héros, d'ancêtre héroïsé – l’«héroon» grec – et sera pris comme point de référence pour tracer au sol le plan du village.

 - Village et nécropoles

Village et nécropoles

Plan général du village gaulois d’Acy-Romance et des tombes de l’âge du Bronze, notamment le tertre principal (en rouge).
© Bernard Lambot
 - Courbe dendrochonologique

Courbe dendrochonologique

De gros fragments de charbons de bois ont permis d’obtenir une datation par dendrochronologie.
 - Fibules

Fibules

Fibules anciennes, datées des environs de 200 av. J.-C.
© Bernard Lambot
 - Évocation du paysage gaulois

Évocation du paysage gaulois

Vue des grands espaces laissés en friche du camp militaire de Sissonne (Aisne), évoquant la végétation de la région à l'époque gauloise
© Bernard Lambot
 - Évocation des nécropoles

Évocation des nécropoles

Les enclos allongés et tumuli du Bronze Final et les tombes individuelles de La Tène ancienne étaient encore visibles au moment de la fondation du village en 180 avant J.-C.
© Jean-René Chatillon