Archéologie expérimentale

Deux expériences ont été menées conjointement aux fouilles de terrain.
Dès les débuts des recherches sur l’habitat il est apparu que les fonds des trous de poteaux étaient horizontaux. Le terrain étant pentu, se posait la question de l’utilisation d’un système de nivellement par les Gaulois. Il était peut être aussi possible de démêler les grappes de trous de poteau et d’isoler des plans de bâtiments. Pour ce faire une centaine de poteaux de bois équarris de vieilles charpentes a été coupé en tronçons de même longueur puis replacés dans les trous de poteau fouillés. La matérialisation volumétrique des constructions a permis de constater qu’il y avait bien une utilisation d’un moyen de nivellement et que les bois étaient probablement taillés et assemblés au sol avant d’être relevés. Cette expérimentation a révélé aussi que les trous de poteau agrandis correspondaient à une reconstruction et non à des réparations. Cette observation a été très utile ultérieurement pour isoler les différentes étapes de construction.

La reconstitution expérimentale d’un bûcher funéraire gaulois a été une entreprise d’envergure nécessitant une préparation bien structurée et le recours à du matériel spécifique comme des caméras thermiques. Plusieurs animaux, porc, mouton, oiseaux et chien, ont été disposés sur un bûcher de 2m3 de bois sec, hêtre et chêne. Plus de dix thermocouples ont été disposés en différents endroits du bûcher, au sol, à mi-hauteur, en partie haute, dans des vases, dans le corps même des animaux afin d’obtenir des informations précises sur la combustion. Une série de vases conforme aux types connus sur le site a été confectionnée par un artisan avec de l’argile prélevée en vallée. Un fer de lance, dont la structure était bien connue puisque confectionné dans ce but, quelques monnaies gauloises, et autres objets métalliques ont été déposés sur le bûcher. Les résultats ont été remarquables pour l’étude de la dynamique de la combustion, les variations thermiques mais aussi pour l’évolution des animaux et la disposition des restes après l’incinération complète.

 - Mise en place de poteaux

Mise en place de poteaux

Matérialisation au sol par du papier crépon des parois des bâtiments.
© Bernard Lambot
 - Phases de constrution

Phases de constrution

Visualisation des différentes phases de construction.
© Bernard Lambot
 - Plans des bâtiments

Plans des bâtiments

Vue aérienne de la matérialisation au sol du plan des bâtiments.
© Bernard Lambot
 - Reconstitution de bûcher

Reconstitution de bûcher

Bûcher de 2 m3 mis en place. Le mouton n’a pas été dépouillé et la toison aura des conséquences sur l’incinération complète de l’animal. Des vases ont également été disposés sur le bûcher. Certains contiennent de petits objets, ou des petits animaux, oiseaux et pigeon.
© Bernard Lambot
 - Bucher après combustion

Bucher après combustion

Vue générale du bûcher après combustion totale du bûcher. On remarque les thermocouples sur le côté gauche. Les vases ont bien résisté aux hautes températures. Des amas d’os animaux consumés sont visibles dont connexions sont encore perceptibles.
© Bernard Lambot
 - Fouille du bûcher

Fouille du bûcher

Les restes du bûcher ont été fouillés par des archéozoologues pour recueillir le maximum d’informations.
© Bernard Lambot